Lundi, le 27 mai 2019

3ème RGPH

Résumé - Situation socioéconomique de la femme

tome11

 

Rédacteurs:

Mme NYELE ABANDA Damaris, Démographe
M. SOHKADJIE SONGO Pierre, Ingénieur Statisticien Economiste
 
 
Résumé:
 

Le rôle de la femme est fondamental dans la formulation et la mise en œuvre des politiques et programmes visant le développement économique et social.

 

Dans le but d’améliorer le statut de la femme camerounaise, le Cameroun s’est associé à toute la mouvance de promotion et de libération de la femme par sa participation aux diverses conférences régionales et mondiales et la ratification des différents instruments internationaux au rang desquels la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF.

 

Le thème d’analyse intitulé : « Situation socio-économique de la femme » qui répond aux préoccupations des OMD 2, 3, 4, 5 et 6 ainsi qu’aux objectifs 6, 9 et 10 du 3ème Recensement, permet d’éclairer le Gouvernement et la communauté nationale et internationale sur les progrès réalisés en matière de réduction des inégalités entre les hommes et les femmes.

 

Tendances générales de la population féminine

Sur une population résidante totale de 17 463 836 habitants dénombrés lors du recensement de 2005, 8 632 036 habitants sont de sexe masculin et 8 831 800 de sexe féminin. Ainsi, les femmes représentent 50,6% de la population totale du pays.

 Les femmes sont plus nombreuses en milieu rural (51,3%.) qu’en milieu urbain (49,8%). Sur le plan religieux, 37,8% de femmes sont catholiques contre 37,7% d’hommes. De même, 26,5% de femmes sont protestantes contre 25,4% d’hommes. Les musulmanes constituent 20,6% contre 21% de musulmans.

 Education, instruction et alphabétisation des femmes

15,5% de jeunes filles d’âge scolaire n’ont jamais fréquenté une école. Ce phénomène est plus répandu dans les régions du Septentrion et dans une certaine mesure dans l’Est. Ceci pourrait s’expliquer d’une part, par la marginalisation scolaire et d’autre part, par les mariages précoces. Pour ce qui est de la déscolarisation des jeunes filles de 6-14 ans, elle est plus vécue d’une part, dans les régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-nord et du Sud-ouest et d’autre part, dans les ménages pratiquant les religions orthodoxe et musulmane.

 

Les femmes dans la dynamique de l’économie nationale

En 2005, le taux brut d’activité est de 48,4% pour les femmes contre 66% pour les hommes. Le taux d’occupation des personnes de 15 ans et plus est de 38,1% chez les femmes contre 52,2% chez les hommes. En milieu urbain, ce taux d’occupation est de 25,1% pour les femmes et 45,1% pour les hommes contre des proportions de 55,8% de femmes et 67,8% d’hommes en milieu rural.

20,3% de la main d’œuvre féminine évolue dans l’informel non agricole tandis que 71,6% évolue dans l’informel agricole.

Femmes, famille et ménage

Parmi les femmes de 12 ans et plus dénombrées en 2005, 47,1% sont mariées. En outre, 20,7% des adolescentes de 12-19 ans vivent en union (mariée ou union libre). Ces adolescentes en union se retrouvent plus en milieu rural et dans les régions du septentrion. Le phénomène est plus fréquent dans les ménages pratiquant les religions musulmane, animiste et orthodoxe. Cette précocité des unions qui pourrait s’expliquer par le faible niveau d’instruction et la pauvreté des ménages surtout les ménages ruraux entraîne également des maternités précoces. En effet, un peu plus de cinq adolescentes sur cent (5,5%), ont eu au moins une naissance vivante au cours de l’année 2005.

 

Les femmes chefs de ménage se retrouvent majoritairement chez les veuves (36,9%). En milieu urbain, la majorité des femmes chefs de ménage est célibataire.

 

Conditions de vie des femmes

Les données révèlent que les ménages dirigés par les femmes ont une meilleure accessibilité aux éléments de confort et de commodité (électricité, bacs à ordure, WC avec chasse) que ceux dirigés par les hommes. Ceci est surtout vérifié en milieu urbain.

 

Femmes vulnérables

Parmi les populations vulnérables, les femmes âgées occupées sont estimées à 45,5% en 2005 contre une proportion de 63,9% d’hommes âgés occupés. Les femmes présentant au moins un handicap forment une proportion de 5,3% de femmes contre 6% chez les hommes.

En définitive, dans pratiquement tous les aspects : éducation, activité économique, politique etc., les hommes sont mieux lotis que les femmes bien que dans certains domaines, les différences ne soient pas très significatives. Il est important, afin d’assurer l’égalité et l’équité entre les sexes dans tous les secteurs de la vie nationale et partant, une amélioration durable du statut de la femme, que les pouvoirs publics œuvrent en faveur de la promotion d’un environnement social, culturel, économique et institutionnel permettant aux femmes d’exercer pleinement leurs droits humains et citoyens au même titre que les hommes.

 Il s’agira entre autres de :

  • assurer l’accès équitable des filles et des garçons, des femmes et des hommes, à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’information ;
  • assurer l’égalité de chance entre les femmes et les hommes dans les domaines économiques et de l’emploi ;
  • améliorer l’accès des femmes au service de santé, notamment en santé de reproduction ;
  • garantir la participation et la représentativité des femmes dans la vie publique et la prise de décision ;
  • créer un environnement favorable à la protection et à la promotion des droits de la femme et de la jeune fille ;
  • renforcer les ressources allouées à la promotion du genre ;
  • renforcer le cadre institutionnel de la promotion du genre et de la gouvernance ;
  • assurer une meilleure connaissance des facteurs de discrimination fondée sur le sexe ;
  • créer un environnement culturel favorable au respect des droits de la femme ;
  • assurer une prise en charge des problèmes spécifiques de la femme rurale et de la veuve.
 

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