Samedi, le 16 février 2019

3ème RGPH

Résumé - Situation sociale et économique des enfants et des jeunes

tome10

 

Rédacteurs:

M. MOULAY Idriss, Démographe
M. DJOUBEYROU Roland, Démographe

 

Résumé:

En plus de tous les droits définis dans la Charte Universelle des Droits de l’Homme, les enfants et les jeunes bénéficient, en raison de leur plus grande vulnérabilité sociale, des droits spécifiques repris dans la Convention sur les Droits de l’Enfant (CDE). A partir des données du Troisième Recensement, l’analyse du thème 10 portant sur la « Situation sociale et économique des enfants et des jeunes » essaye d’apporter au Gouvernement et à la communauté nationale et internationale, un éclairage sur l’état de la protection des enfants et des jeunes, au regard de leurs droits. Cette analyse permet de disposer des indicateurs utiles à la formulation des politiques et programmes de développement, au suivi et à l’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) auxquels le Cameroun a souscrits. Le présent rapport se propose d’apporter une réponse à l’objectif n°10 du troisième Recensement démographique, qui consiste à fournir « les éléments pour le plaidoyer en faveur de la femme et de l’enfant ».
 
Les travaux d’analyse des données du Troisième Recensement ont permis de faire la lumière sur la situation sociale et économique des enfants et des jeunes à travers la production d’un certain nombre d’indicateurs pertinents ; permettant ainsi de dresser le profil démographique (volume, structure spatiale par sexe) de chacune des populations en question et d’apprécier les principaux défis socioéconomiques relatifs à leur condition de vie en 2005. Les principaux résultats ont montré ce qui suit :
 
Sur un effectif total de 17 463 836 habitants, la population camerounaise compte 7 618 357 enfants âgés de moins de 15 ans dont 3870707 garçons et 3747650 filles. En termes de poids démographique, cette catégorie de population représente 43,6% de la population totale. La population des jeunes dont l’âge varie entre 15 et 24 ans se chiffre à 3 606 696 individus dont 1 731 567 garçons et 1 875 129 filles, soit une proportion de 20,7% de la population totale. Autrement dit, sur l’ensemble de la population camerounaise, au moins 1 personne sur 5 est un jeune. Dans l’un comme dans l’autre cas, il s’agit d’une population jeune à prédominance rurale, aux besoins multiples et variés en raison des spécificités des différents groupes qui la composent.
 
Par rapport aux enfants, l’amélioration de l’état de leur droit à l’éducation exige des efforts supplémentaires car au Cameroun, 1 enfant sur 4 ne va pas à l’école en 2005. L’analyse différentielle de la scolarisation des enfants suivant certaines caractéristiques sociodémographiques a permis de mettre en relief des disparités frappantes liées à leur influence persistante sur l’éducation. C’est ainsi que la fréquentation scolaire est plus faible dans les campagnes que dans les villes et quel que soit la région ou le milieu de résidence, les garçons sont plus avantagés que les filles en matière de scolarisation. De même, la pauvreté se révèle comme l’un des plus gros obstacles de l’accès à l’éducation, plus particulièrement dans les régions septentrionales où les taux de scolarisation des enfants d’âge scolaire sont à leur plus faible niveau. Bien que formellement interdit, le travail des enfants demeure une réalité préoccupante. Environ 7,0% d’enfants d’âge scolaire sont en activité dont plus de 95,0% exercent dans le secteur agricole.
 
Les résultats du 3ème RGPH ont révélé l’importance des risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants. A l’instar de la population totale, l’accès à l’eau salubre pour les enfants de moins de 5 ans demeure un défi à relever. En effet, les dangers environnementaux (pollution de l'air à l'intérieur des habitations, contamination de l'eau, absence de système d'assainissement adéquat…etc.) mis en évidence par les résultats du troisième recensement démographique constituent une menace permanente pour la santé des enfants, et surtout celle des nouveau-nés qui sont particulièrement vulnérables. Il est par conséquent indispensable de renforcer les stratégies pour une meilleure gestion de l'environnement immédiat et d'accès à l'eau potable afin d’épargner cette population des maladies (dysenterie, diarrhée, choléra, typhoïde, pneumonie) dues aux problèmes d’assainissement et d’hygiène qui constituent les principales causes de morbidité et de mortalité de l’enfant.
 
En ce qui concerne la jeunesse camerounaise, les résultats du troisième Recensement démographique ont montré que le niveau et la qualité de vie que mène cette catégorie nécessite des efforts supplémentaires d’amélioration. Près de 15,0% des jeunes sont restés en marge du système éducatif, d’où leur niveau d’instruction qui, dans l’ensemble, reste relativement faible. Une personne sur cinq de cette catégorie est sans niveau d’instruction et 1 personne sur 10 seulement a atteint le niveau de l’enseignement supérieur. L’alphabétisation des jeunes qui est le reflet de leur scolarisation reste à la traine. Au niveau national, le taux d’alphabétisation des jeunes (15 – 24 ans) en langues officielles qui est de 79,3% présente de grandes disparités par rapport au sexe et au milieu de résidence. Dans les villes et les campagnes, ils sont respectivement de 91,9% et 62,5% alors que par rapport au sexe, l’écart est de 8 points en faveur de la gent masculine de cette catégorie. Par ailleurs, une bonne partie de cette jeunesse est en butte au chômage avec un taux s’élevant à 39,3% dont 57,9% et 20,1% respectivement pour les jeunes urbains et les jeunes ruraux. Ceci serait la conséquence évidente de la rareté d’opportunités d’emploi dont le taux est passé de 36,0% à 23,8% de 1987 à 2005.
 
Sur la base d’enquêtes et de recensements, le niveau des indicateurs chiffrés et les tendances observés indiquent à quel point, du fait de la lenteur des progrès réalisés, le Cameroun a encore du chemin à parcourir pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment les OMD 2, 3, 7 et 8. Les défis relevés dans le présent rapport sont pourtant à la portée du Cameroun au regard de son énorme potentiel. Les principaux obstacles à la promotion d’un environnement favorable à l’épanouissement des enfants et des jeunes sont ceux qui se rapportent aux questions liées à l’allocation des ressources et à la bonne gouvernance. Pour accélérer les changements observés durant ces dernières années, il est souhaitable que soient révisés les politiques et les programmes destinés à l’amélioration des conditions de vie des enfants et des jeunes, population sur laquelle repose l’espoir de toute la nation pour un avenir meilleur. Pour ce faire, il est important de s’attaquer aux maux identifiés par la base en inscrivant aux rangs des priorités, les politiques de développement dont l’objectif est d’assurer l’émergence d’une société lettrée et de multiplier en même temps les programmes et autres projets favorables à la promotion d’une éducation d’apprentissage (UNESCO, 2000). Ce qui permettra aux personnes de cette catégorie et plus particulièrement à celles vivant en milieu rural d’acquérir de nouvelles connaissances, d’accéder aux Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication (NTIC), de valoriser leur talent et de renforcer leur capacité. Une telle mesure, associée à l’élimination de toute forme d’obstacles à la création d’emplois décents, est un catalyseur d’amélioration du niveau et de la qualité de vie des enfants et des jeunes. 
En plus de tous les droits définis dans la Charte Universelle des Droits de l’Homme, les enfants et les jeunes bénéficient, en raison de leur plus grande vulnérabilité sociale, des droits spécifiques repris dans la Convention sur les Droits de l’Enfant (CDE). A partir des données du Troisième Recensement, l’analyse du thème 10 portant sur la « Situation sociale et économique des enfants et des jeunes » essaye d’apporter au Gouvernement et à la communauté nationale et internationale, un éclairage sur l’état de la protection des enfants et des jeunes, au regard de leurs droits. Cette analyse permet de disposer des indicateurs utiles à la formulation des politiques et programmes de développement, au suivi et à l’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des  Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) auxquels le Cameroun a souscrits. Le présent rapport se propose d’apporter une réponse à l’objectif n°10 du troisième Recensement démographique, qui consiste à fournir « les éléments pour le plaidoyer en faveur de la femme et de l’enfant ».
 
Les travaux d’analyse des données du Troisième Recensement ont permis de faire la lumière sur la situation sociale et économique des enfants et des jeunes à travers la production d’un certain nombre d’indicateurs pertinents ; permettant ainsi de dresser le profil démographique (volume, structure spatiale par sexe) de chacune des populations en question et d’apprécier les principaux défis socioéconomiques relatifs à leur condition de vie en 2005. Les principaux résultats ont montré ce qui suit :
 
Sur un effectif total de 17 463 836 habitants, la population camerounaise compte 7 618 357 enfants âgés de moins de 15 ans dont 3870707 garçons et 3747650 filles. En termes de poids démographique, cette catégorie de population représente 43,6% de la population totale. La population des jeunes dont l’âge varie entre 15 et 24 ans se chiffre à 3 606 696 individus dont 1 731 567 garçons et 1 875 129 filles, soit une proportion de 20,7% de la population totale. Autrement dit, sur l’ensemble de la population camerounaise, au moins 1 personne sur 5 est un jeune. Dans l’un comme dans l’autre cas, il s’agit d’une population jeune à prédominance rurale, aux besoins multiples et variés en raison des spécificités des différents groupes qui la composent.
 
Par rapport aux enfants, l’amélioration de l’état de leur droit à l’éducation exige des efforts supplémentaires car au Cameroun, 1 enfant sur 4 ne va pas à l’école en 2005. L’analyse différentielle de la scolarisation des enfants suivant certaines caractéristiques sociodémographiques a permis de mettre en relief des disparités frappantes liées à leur influence persistante sur l’éducation. C’est ainsi que la fréquentation scolaire est plus faible dans les campagnes que dans les villes et quel que soit la région ou le milieu de résidence, les garçons sont plus avantagés que les filles en matière de scolarisation. De même, la pauvreté se révèle comme l’un des plus gros obstacles de l’accès à l’éducation, plus particulièrement dans les régions septentrionales où les taux de scolarisation des enfants d’âge scolaire sont à leur plus faible niveau. Bien que formellement interdit, le travail des enfants demeure une réalité préoccupante. Environ 7,0% d’enfants d’âge scolaire sont en activité dont plus de 95,0% exercent dans le secteur agricole.
 
Les résultats du 3ème RGPH ont révélé l’importance des risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants. A l’instar de la population totale, l’accès à l’eau salubre pour les enfants de moins de 5 ans demeure un défi à relever. En effet, les dangers environnementaux (pollution de l'air à l'intérieur des habitations, contamination de l'eau, absence de système d'assainissement adéquat…etc.) mis en évidence par les résultats du troisième recensement démographique constituent une menace permanente pour la santé des enfants, et surtout celle des nouveau-nés qui sont particulièrement vulnérables. Il est par conséquent indispensable de renforcer les stratégies pour une meilleure gestion de l'environnement immédiat et d'accès à l'eau potable afin d’épargner cette population des maladies (dysenterie, diarrhée, choléra, typhoïde, pneumonie) dues aux problèmes d’assainissement et d’hygiène qui constituent les principales causes de morbidité et de mortalité de l’enfant.
 
En ce qui concerne la jeunesse camerounaise, les résultats du troisième Recensement démographique ont montré que le niveau et la qualité de vie que mène cette catégorie nécessite des efforts supplémentaires d’amélioration. Près de 15,0% des jeunes sont restés en marge du système éducatif, d’où leur niveau d’instruction qui, dans l’ensemble, reste relativement faible. Une personne sur cinq de cette catégorie est sans niveau d’instruction et 1 personne sur 10 seulement a atteint le niveau de l’enseignement supérieur. L’alphabétisation des jeunes qui est le reflet de leur scolarisation reste à la traine. Au niveau national, le taux d’alphabétisation des jeunes (15 – 24 ans) en langues officielles qui est de 79,3% présente de grandes disparités par rapport au sexe et au milieu de résidence. Dans les villes et les campagnes, ils sont respectivement de 91,9% et 62,5% alors que par rapport au sexe, l’écart est de 8 points en faveur de la gent masculine de cette catégorie. Par ailleurs, une bonne partie de cette jeunesse est en butte au chômage avec un taux s’élevant à 39,3% dont 57,9% et 20,1% respectivement pour les jeunes urbains et les jeunes ruraux. Ceci serait la conséquence évidente de la rareté d’opportunités d’emploi dont le taux est passé de 36,0% à 23,8% de 1987 à 2005.
 
Sur la base d’enquêtes et de recensements, le niveau des indicateurs chiffrés et les tendances observés indiquent à quel point, du fait de la lenteur des progrès réalisés, le Cameroun a encore du chemin à parcourir pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment les OMD 2, 3, 7 et 8. Les défis relevés dans le présent rapport sont pourtant à la portée du Cameroun au regard  de son énorme potentiel. Les principaux obstacles à la promotion d’un environnement favorable à l’épanouissement des enfants et des jeunes sont ceux qui se rapportent aux questions liées à l’allocation des ressources et à la bonne gouvernance. Pour accélérer les changements observés durant  ces dernières années, il est souhaitable que soient révisés les politiques et les programmes destinés à l’amélioration des conditions de vie des enfants et des jeunes, population sur laquelle repose l’espoir de toute la nation pour un avenir meilleur. Pour ce faire, il est important de s’attaquer aux maux identifiés par la base en inscrivant aux rangs des priorités, les politiques de développement dont l’objectif est d’assurer l’émergence d’une société lettrée et de multiplier en même temps les programmes et autres projets favorables à la promotion d’une éducation d’apprentissage (UNESCO, 2000). Ce qui permettra aux personnes de cette catégorie et plus particulièrement à celles vivant en milieu rural d’acquérir de nouvelles connaissances, d’accéder aux Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication (NTIC), de valoriser leur talent et de renforcer leur capacité. Une telle mesure, associée à l’élimination de toute forme d’obstacles à la création d’emplois décents, est un catalyseur d’amélioration du niveau et de la qualité de vie des enfants et des jeunes.
 

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