Jeudi, le 19 septembre 2019

3ème RGPH

Résumé - Mouvements migratoires

tome09

 

Rédacteurs:

Dr. YOUANA Jean, Démographe
M. GUIFFO Martin, Démographe
 
 
Résumé:
 

La migration est l’une des composantes du mouvement de la population. Elle constitue un paramètre essentiel pour l’étude de la croissance démographique d’un pays (migration internationale) et de la répartition spatiale de sa population (migration interne). Les données sur les mouvements migratoires sont utiles pour la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation d’un certain nombre de politiques sectorielles.

 

L’objectif N°7 du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (3ème RGPH) du Cameroun porte sur les migrations : « saisir les mouvements naturels et migratoires ». D’autres objectifs dudit recensement, à l’instar de l’objectif N°9, à savoir « fournir des données pour l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la pauvreté… » y sont imbriqués

La présente étude s’est prioritairement focalisée sur quatre aspects :

-      évaluation de l’importance relative des migrants et des non migrants au sein de la population totale sédentaire ;

-      évaluation des flux migratoires internes ;

-      détermination des niveaux de l’immigration internationale au Cameroun ;

-      et enfin, l’analyse des incidences des migrations sur l’urbanisation au Cameroun.

Au terme des analyses, les principaux résultats auxquels on a abouti sont résumés ci-dessous.

 

L’indice de mobilité résidentielle (proportion de la population migrante) au Cameroun en 2005 est égal à 31,19% ; ce qui signifie qu’un peu plus de 3 personnes sur 10 ont changé de lieu de résidence au-moins une fois au cours de leur vie. Comparé à l’indice de mobilité résidentielle d’avril 1987 (32,5%), celui de novembre 2005 marque un recul de 1,31 point.

 

Au niveau des régions, on note une grande disparité entre les indices de mobilité résidentielle. Les régions du Littoral et du Centre, du fait de la forte attractivité des villes de Douala et de Yaoundé, enregistrent les indices les plus élevés : 48,15% et 45,66% respectivement. A l’inverse, les indices de mobilité résidentielle les plus bas se retrouvent dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord-Ouest où ces indices valent, respectivement, 13,15% et 18,15%. De même, à l’intérieur des régions, les indices de mobilité résidentielle varient énormément d’un département à l’autre.

 

Dans l’ensemble, hormis les départements de la Vina dans l’Adamaoua et de la Mvila dans le Sud, les départements qui abritent les chefs-lieux de régions, possèdent les indices de mobilité résidentielle les plus élevés parmi les départements de leurs régions respectives.

 

Quand on aborde les types de migrations, on s’aperçoit qu’au niveau national, les migrations inter-régionales (52,66%) sont plus nombreuses que les migrations qui s’opèrent entre les départements à l’intérieur de la région, et que ces mouvements migratoires qui se déroulent entre les départements d’une même région, sont plus nombreux (26,03%) que ceux que l’on observe entre les arrondissements d’un même département (21,31%).

 

Dans les échanges migratoires d’une région avec l’ensemble des 9 autres régions du pays, 6 régions ont des soldes migratoires globaux négatifs. Il s’agit de l’Est (-29 habitants), de l’Adamaoua (-17.857 habitants), du Sud (-33.033 habitants), de l’Extrême-Nord (-292.011 habitants), du Nord-Ouest (-307.403 habitants) et de l’Ouest (-624.477 habitants). Ce sont là des régions qui, au niveau national, sont trop peu ou pas du tout attractives pour les natifs des autres régions du pays. Les 4 régions les plus attractives, au niveau national, sont le Sud-Ouest, avec un gain de 84.782 habitants, le Nord avec un gain de 200.363 habitants, le Centre avec un gain de 437.810 habitants et le Littoral qui s’avère bénéficiaire de 551.855 habitants. Il apparaît ainsi que la région de l’Ouest est la plus répulsive, tandis que le Littoral est la plus attractive pour l’ensemble des natifs du Cameroun.

 

Dans l’ensemble, les régions qui reçoivent d’importants contingents de migrants sont celles du Littoral et du Centre : près de 60% (58,63%) des migrants internes du Cameroun s’orientent vers ces deux régions. Cela tient essentiellement à l’appartenance de la ville de Douala, capitale économique du pays, à la région du Littoral, et à l’appartenance de Yaoundé, capitale politico-administrative, à la région du Centre.

 

En fait, dans les échanges migratoires entre une région de référence et chacune des autres régions du pays, le Littoral est bénéficiaire au détriment de chacune des 9 autres régions. Le centre est déficitaire dans ses échanges migratoires avec le Littoral, mais largement bénéficiaire au détriment de chacune des 8 autres régions.

 

A l’inverse, l’Ouest et le Nord-Ouest sont des régions d’émigration. Avec près de 810.000 sortants et un solde migratoire négatif de -624.477 habitants, l’Ouest est une région de très forte émigration et se classe en tête des régions déficitaires du Cameroun. Après l’Ouest, le Nord-Ouest est la région ou le solde migratoire global est le plus négatif (-307.403 habitants). Dans les échanges migratoires avec chacune des autres régions, le Nord-Ouest est partout déficitaire sauf avec l’Est et le Nord où il enregistre de légers gains. En fait, avec des densités de populations extrêmement élevées, l’Ouest et le Nord-Ouest apparaissent comme des régions répulsives.

 

A l’intérieur d’une même région, les échanges migratoires inter-départementaux révèle de grandes disparités des pouvoirs d’attraction ou de répulsion. Globalement, à l’exception du département de la Vina dans l’Adamaoua et du département de la Mvila dans le Sud, les départements qui abritent les chefs-lieux de régions sont les plus attractifs, mais les départements les plus attractifs dans leurs échanges migratoires avec les autres départements de leur région respective sont le Wouri et le Mfoundi qui abritent, chacun, une des deux métropoles nationales que sont Douala et Yaoundé.

 

Parmi les 5.427.798 migrants recensés au Cameroun en 2005, 482.132 soit 8,9%, sont d’origine externe au Cameroun.

 

Lorsqu’on considère les pays d’origine de ces immigrants, on s’aperçoit que les Africains sont nettement plus nombreux (91,57%) que ceux natifs des autres continents. Les origines prioritaires des immigrés du Cameroun sont le Tchad (32,51%), le Nigéria (32,44%) et dans une moindre mesure, la République Centrafricaine (6,76%). Ce sont là tous des pays limitrophes du Cameroun.

 

Les régions de destination prioritaire des immigrés au Cameroun en 2005 sont celles de l’Extrême-Nord (19,43%), du Nord (17,46%), du Littoral (14,45%), du Sud-Ouest (12,00%) et du Centre (11,29%). Ces cinq unités administratives accueillent environ les trois quarts des immigrés (74,63%).

 

Le nombre des immigrés au Cameroun est passé de 218.069 en 1976 à 253.969 en 1987, puis à 482.132 en 2005. Ces effectifs représentent, respectivement 3,06% de la population totale du pays en 1976, 2,73% de la population de 1987 et 2,76% de celle de 2005.

 

L’ensemble des mouvements migratoires (internes et internationaux) ont de très fortes incidences sur le mouvement d’urbanisation du Cameroun. Cette urbanisation se caractérise essentiellement par le bipolarisme du réseau d’une part par l’émergence des métropoles d’équilibres due à l’explosion démographique des capitales régionales.

 

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